Séminaire interdisciplinaire donné par des professeurs de l’Université de Montréal en collaboration avec des chercheurs de réputation internationale dont les travaux viennent enrichir la réflexion entourant la création sonore tant en musique qu’en théâtre, au cinéma et en littérature. Ce séminaire s’inscrit dans le cadre du programme de recherche général de l’Observatoire international de la création et des cultures musicales et des activités du Centre de recherche sur l’intermédialité de l’Université de Montréal.
Professeurs invités (Séminaire et Journée d’étude)
Peter Szendy (Université Paris X), du 2 au 18 février
Daniel Deshays (École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre), 16 février
Philippe Despoix (Université de Montréal), 12 février
Jacinthe Harbec (Université de Sherbrooke), 18 février
Jean-Marc Larrue (Université de Montréal, CRI), 11 et 12 février
Marie-Madeleine Mervant-Roux (Université Paris III, CNRS), 11 et 12 février
Jean-Jacques Nattiez (Université de Montréal), 21 janvier
Isabelle Panneton (Université de Montréal), 2 février
Pierre-Daniel Rheault (Université de Montréal), 2 février
Jonathan Sterne (Université McGill), 12 février
Ce séminaire aborde la question du son selon des approches philosophiques, esthétiques et pratiques dans les domaines de la musique, du théâtre, de la littérature, du cinéma et de l’audiovisuel en général.
Thème principal : La ponctuation
Autour de quatre séances données par le philosophe et musicologue Peter Szendy, ce séminaire entend explorer les formes et les effets de la ponctuation dans divers champs artistiques, en favorisant le dialogue entre la théorie et la pratique. Quand on lit, quand on écoute, on ponctue en réécrivant le texte ou la partition. Quand on interprète, on ponctue en redistribuant le texte musical ou théâtral sur l’espace de la voix et dans le temps de la respiration. Et quand les voix, la musique et les sons rencontrent les images, ne pointent-ils pas au regard ce qu’il y a à voir ou ce qui lui échappe ? De façon chaque fois singulière, c’est l’articulation ou la scansion sonore qui fait sens : qui taille le texte et fait tendre l’oreille, qui fait voir en transperçant le visible, ou qui impose une direction et une signification.
Thèmes secondaires
Structure de l’œuvre au sein des corpus mixtes (musique-littérature ; musique-théâtre ; musique-cinéma ; musique-vidéo ; etc.)
Structure et interprétation
Structure de l’écoute et du regard
Structure empruntée - structure adaptée
À venir
Séance du 11 février (13h-16h)
Jean-Marc Larrue (CRI – UdeM) et Marie-Madeleine Mervant-Roux (CNRS-ARIAS et Paris III – Sorbonne Nouvelle)
Au théâtre. Ponctuation, présence(s) et co-présence(s) ?
Cette séance de séminaire est articulée en deux sections complémentaires qui traitent de modalités de ponctuation de la représentation théâtrale en lien avec les concepts de présence et co-présence, sur scène et dans la salle. Intitulée « Convocations de présences : écouter l’alexandrin classique aux 20e et 21e siècles », la première partie est consacrée à l’analyse d’enregistrements sonores d’alexandrins classiques compris comme le point de rencontre de deux valorisations extrêmes : celle du texte et celle de la performance. La seconde partie, « Les coupes et suspens de l’écoute. Retour sur deux campagnes d’études de terrain dans des théâtres parisiens », porte sur le rapport sonore de la salle à la scène et analyse la façon dont l’assistance intervient a tempo sur la durée et le rythme de l’événement théâtral. Elle aborde en particulier la question du « silence » (en étudiant de quoi sont faits les grands silences légendaires des spectacles de Claude Régy).
Séance du 16 février (9h-12h)
Daniel Deshays (ENSATT)
Discontinuité sonore, l’invention de la coupure
Étude de la coupure et d’autres processus discontinuistes grâce auxquels la création sonore au théâtre ou au cinéma s’affranchit d’une soumission au continuum sonore du réel.
Séance du 18 février (9h-12h)
Jacinthe Harbec (École de musique, Université de Sherbrooke)
L’étude interartistique dans la musique de ballets dans les années 1920 : Musique, danse et peinture dans les Années folles à Paris
La fin de la Première Guerre mondiale est marquée par l’émergence d’une forte interaction entre les artistes en quête de l’« œuvre d’art totale » où se conjuguent poésie, peinture, danse et musique. Symbole de cette synthèse des arts, le ballet Parade, créé en 1917 par les Ballets russes de Diaghilev, est issu d’une étroite collaboration entre trois artistes représentatifs de l’avant-garde parisienne, à savoir Picasso, Cocteau et Satie. Le caractère audacieux de ce ballet « cubo-futuriste » donne le coup d’envoi à une série de spectacles suscitant de nouvelles associations d’artistes qui mèneront à des productions de danse extrêmement modernes, synonymes d’une grande unité esthétique. Au cours de ce séminaire, nous aborderons la question d’interaction entre les spécificités sémantiques, plastiques et musicales rencontrées dans les ballets Parade, Skating Rink et La Création du monde. Cette étude interartistique des ballets nous permettra ainsi de reconnaître comment s’articule la composition en lien avec le texte et les arts décoratifs.
Professeurs responsables
Faculté de musique Sophie Stévance sophie.stevance umontreal.ca Michel Duchesneau michel.duchesneau umontreal.ca
Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques Serge Cardinal serge.cardinal umontreal.ca