Ce projet de recherche et de création rassemble des professeurs, des étudiants et des chercheurs qui, tous, entrelacent des activités de création sonore ou musicale à des activités de recherche. Tous les membres du groupe sont musiciens, concepteurs sonores ou réalisateurs ; et tous sont engagés dans l’écriture d’un mémoire, d’une thèse ou d’un essai sur les différentes pratiques du sonore ou de la musique dans un contexte audiovisuel. L’esprit qui anime la création et la recherche de chacun, tout autant que les activités du groupe, en est un d’exploration, d’expérimentation et de partage de tout ce qui est singulier, original et, surtout, propre à inventer du possible. Le projet est subventionné par le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture (FQRSC).
Le projet de recherche et de création Outils et méthodes de la création sonore au cinéma vise trois objectifs :
Premier objectif : Constituer un « solfège expérimental »
Il s’agit de se doter d’un système de description du son qui, en raffinant la saisie des qualités sonores et de leurs relations mutuelles, rendrait possible la création d’œuvres audiovisuelles où le son entrerait dans des rapports plus diversifiés avec l’image. Pour l’heure, le concepteur sonore n’utilise un vocabulaire précis que lorsqu’il mesure techniquement l’objet sonore physique, mais il est souvent totalement dépourvu de moyens quand vient le temps de décrire le son dans sa richesse perceptive et esthétique, matérielle et formelle. Ce premier objectif est fondé sur une conviction que nous partageons avec le musicien et inventeur de la musique concrète Pierre Schaeffer : entendre renouvelle le faire ; une écoute plus fine, plus rigoureuse, plus attentive peut renouveler la création sonore filmique.
Deuxième objectif : Se doter d’un outil de médiation
Nous entendons aussi nous doter d’un outil concret de médiation qui rendra possible le dialogue entre le concepteur sonore et les autres créateurs. Cet outil de communication vise à produire une intégration et une influence des idées sonores comparables à celles que le directeur photo obtient par ses propres outils. Ce second objectif est fondé sur une conviction que nous partageons encore avec Pierre Schaeffer : le faire renouvelle l’entendre ; la composition sonore ne pourra déboucher sur une pleine originalité que si elle sait faire voir et entendre ses relations possibles avec les autres matériaux d’un film.
Troisième objectif : Créer des essais audiovisuels sur le paysage sonore moderne
D’une part, il s’agit de mettre à l’épreuve le solfège expérimental et l’outil de médiation. En créant une série d’essais audiovisuels qui solliciteront chacun la collaboration de créateurs de l’image, du son et de la musique, nous pourrons non seulement vérifier l’acuité et la malléabilité du solfège, l’efficacité et la souplesse de l’outil de médiation, mais nous pourrons aussi, au fil des problèmes pratiques et esthétiques rencontrés, mesurer, déplacer et redéfinir leurs limites, reformuler les véritables besoins de formalisation et de médiation. D’autre part, il s’agit de faire œuvre de création, en assumant pleinement son statut d’artiste en milieu universitaire : penser directement avec la matérialité des images et des sons, plutôt que d’illustrer une réflexion donnée d’avance.