La part sonore au cinéma

Cycle de conférences de Daniel Deshays

au Centre Pompidou Beaubourg

Cycle de pro­jec­tions/confé­ren­ces pro­posé par Daniel Deshays sur l’écriture du son au cinéma.

Traité à part, le son est demeuré à l’écart tout au long de l’his­toire du cinéma ; pour dif­fé­ren­tes rai­sons, l’ana­lyse fil­mi­que achoppe sou­vent sur le son. De février à juin 2009, en cinq séan­ces, Daniel Deshays cons­truira une réflexion sur l’écriture du son au cinéma.

« C’est par le croi­se­ment du regard et de l’écoute que le ques­tion­ne­ment du son va cher­cher ses répon­ses. La sin­gu­la­rité des expres­sions enga­gées par quel­ques cinéas­tes tout au long de l’his­toire du cinéma nous conduit d’emblée à nous pen­cher sur la ques­tion de la forme sonore. Il ne s’agit pas bien sûr d’établir des clas­se­ments, car cha­que film révèle la spé­ci­fi­cité de sa pro­pre forme, mais de dénouer les liens tis­sés entre le contenu du pro­jet et la part sonore qui le tra­vaille. Le son se tient le plus sou­vent si caché que l’on ne per­çoit pas le rôle fon­da­men­tal qu’il tient dans l’oeu­vre toute entière. Le para­doxe est qu’il n’y ait pas d’his­to­ri­cité agis­sante. Pour cha­que film, la ques­tion sonore, quand elle est abor­dée, repart à zéro. L’ « invi­si­bi­lité » de la puis­sance déci­sive du son et son absence d’ensei­gne­ment tant his­to­ri­que qu’esthé­ti­que donné aux déci­deurs (réa­li­sa­tion et pro­duc­tion) main­tien­nent le son dans sa seule consi­dé­ra­tion tech­ni­que. Cela a pour consé­quence d’entre­te­nir la sépa­ra­tion qui pèse sur le cinéma depuis de nom­breu­ses années (Jean Cocteau s’en plai­gnait déjà dans les années 30 !).

Si ici cha­que film est une excep­tion, ce n’est pas comme objet cons­truit pour le son, cela ne ferait pas sens, du moins pour le moment encore, mais parce que ces cinéas­tes, pour ce pro­jet pré­cis, ont eu besoin d’aller jusqu’au son pour attein­dre leur lieu d’expres­sion. Car le son ne tra­vaille jamais à son pro­pre pro­fit. Héros de la clan­des­ti­nité, il s’agit aussi ici de lui ren­dre l’hom­mage qui lui revient. » (D. Deshays)

Daniel Deshays, ingé­nieur du son au cinéma, au théâ­tre et pour le dis­que, est res­pon­sa­ble de l’ensei­gne­ment du son à l’École natio­nale supé­rieure des arts et tech­ni­ques du théâ­tre (ENSATT) ; il a fondé l’ensei­gne­ment du son à l’École natio­nale supé­rieure des beaux-arts (Ensba). Il est l’auteur de 50 ques­tions pour une écriture du son, Ed. Klincksieck, Paris, 2006

Dans le pro­lon­ge­ment de son acti­vité de pro­gram­ma­tion, afin d’intro­duire une dimen­sion cri­ti­que dans la pré­sen­ta­tion des oeu­vres et d’explo­rer dif­fé­ren­tes for­mes d’écriture, la Bpi pro­pose depuis 2008, en col­la­bo­ra­tion avec les Forums de société, des ren­dez-vous régu­liers d’ana­lyse de films. Chaque cycle est confié à une per­son­na­lité dif­fé­rente.

Cette mani­fes­ta­tion est orga­ni­sée par la Bibliothèque publi­que d’infor­ma­tion pôle Action cultu­relle et Communication ser­vice Audiovisuel


Lundi 9 Février 2009
19:30 Point de vue et den­sité
Pour la pre­mière séance, c’est un modèle de dési­gna­tion qui va nous aider à mieux cer­ner ce pro­pos. Mon Oncle, film situé à l’apo­gée de la démar­che sonore de Jacques Tati, s’avère être de ce point de vue l’excep­tion, c’est un abou­tis­se­ment, un modèle péda­go­gi­que.

Lundi 16 Mars 2009
19:30 Le geste, la matière sonore
C’est la grande liberté prise par Van der Keuken qui nous étonne dans ce trip­ty­que consa­cré à l’oeu­vre du pein­tre et poète hol­lan­dais Lucebert. Il appro­che la démar­che de l’artiste, acti­vant par le son autant l’à-plat des ima­ges que les espa­ces exté­rieurs qui entre­mê­lent leurs cou­leurs. Il offre tour à tour au son et à l’image la place de la pâte colo­rée ou bien de la figure.

Lundi 27 Avril 2009
19:30 L’espace, le silence
Dès la pre­mière scène, la maté­ria­li­sa­tion du silence par les échos loin­tains engage notre atten­tion. Le dépay­se­ment demeure tout au long de la lon­gue quête que cons­ti­tue le film. Ici, le son n’arrive jamais pour ras­su­rer, tout sur­gis­se­ment conduit au silence et avec lui l’attente inquiète se pro­longe.

Lundi 11 Mai 2009
19:30 Les sons, le stu­dio
L’exem­ple est suf­fi­sam­ment rare pour devoir le mon­trer. Après Thérèse (1986), voilà un long-métrage de fic­tion qui, en rai­son de son contenu – la pri­va­tion de liberté, la liqui­da­tion d’une popu­la­tion – aban­donne dia­lo­gue et musi­que pour ne faire confiance qu’aux sons.

Lundi 8 Juin 2009
19:30 Le direct, le syn­chro­nisme
Cette der­nière séance nous per­met de consi­dé­rer le son direct, fer­ment du cinéma docu­men­taire. Le genre à pro­pos duquel le pre­neur de son Antoine Bonfanti disait : « le son y est poli­ti­que ».

Voir en ligne : La part critique III, la part sonore au cinéma, Beaubourg


SPIP Se déconnecter ] | | Plan du site | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0

© Copyright 2012 CNRS-ARIAS (Paris) | Tous droits réservés.